L’art est le « dérivatif » de Kelsy, aujourd’hui jeune retraitée après une carrière riche et tournée vers l’humain, en tant qu’infirmière libérale et praticienne en hypnose. Une vie entière à soigner, à écouter, à accompagner, qui trouve aujourd’hui son prolongement dans la création. Car pour elle, l’art n’est pas une rupture mais une continuité : une autre manière d’entrer en relation avec le monde, de le transformer et de lui donner du sens.
Artiste autodidacte depuis plus de 35 ans, Kelsy a d’abord exploré la peinture, à l’acrylique comme à l’aquarelle, qui lui ont permis d’apprivoiser couleurs et transparences. Rapidement, elle s’est tournée vers la matière, découvrant le modelage de l’argile, puis l’univers exigeant du bronze. Ces étapes ont marqué autant de jalons dans sa quête artistique, lui offrant la liberté de conjuguer la douceur et la force, le mouvement et la permanence.
Inspirée par des figures majeures telles que Modigliani ou Jeanclos, elle revendique une multiplicité dans sa pratique : une façon de signifier qu’il n’existe pas une seule voie pour créer, mais mille chemins à emprunter. Son style n’est jamais figé : il se réinvente, évolue, s’adapte, comme une respiration continue.
Libérée des carcans académiques, Kelsy transforme les aléas de la vie en énergie créatrice. Elle avance portée par ses tripes, son insatiable envie d’explorer, mais aussi par une flamme inextinguible qui l’anime depuis toujours. Pour elle, créer n’est pas un choix mais une nécessité vitale, une évidence intérieure qui s’impose comme une seconde nature. Sa curiosité et sa sensibilité se retrouvent dans chacune de ses pièces, empreintes de respect pour la matière, d’amour pour l’Art, mais aussi d’une sincérité pure.
Ses passions multiples irriguent son univers : la danse, la couture, le piano. Autant de domaines qui affinent son rapport au rythme, à la texture, à l’harmonie. Chaque geste, chaque note, chaque pas nourrit son imaginaire et enrichit sa pratique plastique. Ses « doigts de fée » traduisent cette délicatesse et cette précision, capables d’inventer, de transformer et de révéler ce que la matière cache encore.
Kelsy nous a préparé une sélection d’œuvres : sculptures en céramique et en bronze, mais aussi quelques sublimes femmes majestueuses réalisées en kôzo, fibre végétale du Japon aux tons écrus. Cette matière, légère, aérienne et transparente, l’inspire profondément. Elle lui permet de travailler une autre dimension, entre fragilité et spiritualité, tout en prolongeant son parcours vers un art plus intime, presque méditatif. Ses créations en kôzo respirent la lumière, laissent passer l’air, et incarnent une forme de poésie silencieuse.
Cette exposition est bien plus qu’une présentation d’œuvres : c’est l’occasion de rencontrer une femme entière, passionnée, en quête constante de renouvellement et d’authenticité où se rejoignent force et délicatesse, énergie et subtilité, terre et transparence.
Un rendez-vous avec le beau, à l’état purement poétique.