Isabelle Souriment, photographe passeuse de lumière et d’humanité

Lamia Lamia

Isabelle capture le monde avec une délicatesse qui lui ressemble. Sa passion pour l’image est née à quatorze ans, dans le silence des chambres noires, où l’argentique révélait les instants avec lenteur, avec magie. Elle considère la photographie comme un outil de langage, de partage et de message pour arrêter le temps pour réfléchir, préserver les souvenirs, relier les êtres, comme une alchimie intime entre lumière et émotion !

D’un naturel discret, Isabelle a trouvé dans l’image une passerelle vers les autres, un terrain de rencontre et de vérité. Formée au London College of Printing, à Bournemouth puis à Goldsmiths, elle a d’abord exploré le photojournalisme, cherchant la justesse et la sincérité au cœur des sujets les plus durs. Peu à peu, elle se tourne vers les beaux-arts, préférant la lumière à l’ombre, le sensible au tragique, afin de privilégier la beauté et la vie.

Sa pratique, multiple et vivante, mêle portrait, reportage, documentaire et mise en scène. Elle s’appuie sur son apprentissage en peinture, sculpture, philosophie et art contemporain pour interroger, à sa façon, la beauté et la fragilité du monde. Si elle ne peut « sauver » les gens, Isabelle leur rend hommage, en offrant une place dans la lumière aux invisibles, aux marginaux, aux oubliés ou aux partis trop tôt. 

Infatigable, passionnée, Isabelle s’installe à Goutz il y a plus de 20 ans, où elle crée son propre studio, un cocon de création et d’expérimentation. Femme aux multiples talents, elle ose, explore, se réinvente sans cesse. Son objectif devient tour à tour confident, miroir et passerelle.

Elle se spécialise dans la photo de mariage, le portrait et la photo thérapeutique, une pratique bienveillante qui aide chacun à se réconcilier avec son image. Elle explore également avec curiosité et engagement le sauvage, la nature, l’agriculture, la biodiversité, comme autant de reflets d’une humanité en quête d’équilibre, autant de thèmes qui questionnent notre lien à la nature et à nous-mêmes. « Comment pouvons-nous vivre sans le sauvage ? » interroge-t-elle, comme un cri doux mais nécessaire.

Toujours en mouvement, elle multiplie les projets artistiques et les concours, jusqu’à figurer parmi les finalistes du prestigieux concours Estée Lauder sur le cancer du sein.

Pour son exposition dans le Couloir du Temps, Isabelle nous entraîne dans une respiration visuelle, un voyage intérieur, et un voyage dans le Gers, entre ciels et terres, labours et lumière.

De ce mélange, elle a tiré un fil : la lettre « O », symbole de tout ce qui relie et respire. « O » comme la surprise du regard, le mouvement, le voyage, mais aussi comme l’eau qui coule doucement dans les paysages capturés et qui incarne aussi la source de l’Homme, avec une surface et une profondeur.
Ce « Ooooh » peut aussi être une invitation au ralentissement, à regarder vraiment, à ressentir, car pour elle, la photographie reste avant tout un art de l’instant suspendu, celui qui précède le basculement, une mémoire contre l’oubliun message sans paroles. Son travail montre aussi que « O » rime avec beau ; déguiser le tragique en poétique, donner de la légèreté à ce qui pourrait nous effrayer.

De ses images naît une évidence : la beauté ne se cherche pas, elle se reconnaît, dans un souffle, un regard, une trace de lumière. Son œuvre murmure que la photographie n’est pas seulement un art du regard, mais une manière d’aimer le monde un peu plus fort, avant qu’il ne s’efface.

Découvrez les compte Instagram d’Isabelle Souriment Bazin ainsi que son site web.

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