Il y a des vies qui attendent leur moment. Et puis il y a celles qui, discrètement, n’ont jamais cessé de créer. Angelina Pederiva est de celles-là.
Née à L’Isle-Jourdain, elle a longtemps laissé ses pinceaux en suspens. Non par renoncement, mais par choix. Celui de faire passer sa famille avant tout, de construire, de donner, d’ancrer. Une vie pleine, tournée vers les autres, et puis un jour, à 55 ans, le temps s’ouvre. Enfin.
Elle revient alors à ce qui ne l’a jamais quittée : dessiner, peindre, traduire. Depuis une vingtaine d’années, elle explore, apprend, affine. Les cours du soir aux Beaux-Arts de Toulouse, les rencontres avec des artistes comme Claude Nicaud, Hans Vleugel, Isabelle Téréchenko ou encore Dianne Garcès mais elle a surtout développé une relation intime avec la peinture qui se construit, loin du bruit.
Chez Angelina, tout commence par un regard, un paysage du Gers, un visage, une attitude presque imperceptible. Elle ne copie pas, elle ressent, puis transforme. Ses œuvres oscillent entre fidélité et liberté. Un portrait peut rester ancré dans le réel… ou basculer ailleurs, porté par une couleur inattendue, une posture réinventée, une émotion plus forte que le modèle lui-même.
Car ce qui guide Angelina, ce n’est pas la précision, c’est l’émotion. Elle peint comme elle cuisine ; avec exigence, le sens du détail et l’amour du beau. Chez elle, rien n’est laissé au hasard, les couleurs se répondent et les matières dialoguent.
Ses influences, Van Gogh, Modigliani, ou les dessins de Picasso, se devinent parfois dans ses oeuvres. Mais ce qui frappe, c’est surtout cette dualité ; des couleurs franches, assumées, presque instinctives… et, en parallèle, une douceur, un romantisme, une délicatesse inattendue. Rouges, bleus, éclats vifs surgissent sans prévenir, décidés sur l’instant, comme une évidence.
Elle travaille à l’acrylique, souvent au couteau, mais refuse de s’enfermer dans un style ou une technique. Encre, pastel, aquarelle… chaque technique devient un langage possible. Une toile peut naître en trois heures, ou se transformer pendant des semaines. Parfois, elle revient même un mois plus tard, comme si l’œuvre n’avait pas encore tout dit. Car pour elle, une peinture n’est jamais figée, elle respire, elle évolue, elle attend.
Peindre, pour elle, c’est un moment à part, une bulle, un bonheur qu’elle qualifie elle-même d’un peu égoïste… mais profondément nécessaire.
À La Manufacture, vous découvrirez ses portraits et ses paysages gersois. Des œuvres qui ne cherchent pas à expliquer, mais à faire ressentir. Car au fond elle n’espère qu’une réaction, une émotion, une sensation, quelles qu’elles soient.
Pour Angelina, l’art n’impose rien, il propose une rencontre. Et peut-être, au détour d’un regard peint, reconnaîtrez-vous quelque chose de vous.
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